Masomania

Des chuchotements. Quelques cris. Paroles en liberté d'un plaisir libertin

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La gueule du loup

Si tu me voyais grogner de plaisir comme un énorme mammifère gavé!
Tout est là. Ta venue au moment où je me disais que tu ne viendrais pas parce que je croyais que tu viendrais en voiture. Ton visage, sombre, effrayant. Un loup. C'est ton visage du désir : je n'aspire qu'à le revoir. Ton baisemain, tes questions. Ta voix. " Je vais t'emmener dans ma chambre ! " J'en perds encore le souffle tant cette invitation sonnait comme une menace et comme une promesse en même temps. Je n'ai pas eu l'idée de te demander de m'offrir un verre d'abord : pas si pute que ça, finalement ! Ta main sur mon cul à travers la jupe. L'attention que tu as portée à mon émotion, ton appel au calme, " marchons moins vite. Tu es émue ? Moi aussi. " Emue, doux euphémisme ! Dans l'ascenseur, ta fermeté à te saisir de mon corps. Ton visage dans la chambre. Un loup, je te dis. J'ai senti ma lèvre supérieure trembler. Pourtant, j'étais avec certitude là où je devais être. Un peur intime, instinctive me faisait trembler. Pas une peur. Une sorte de pudeur qui s'éteignait en résistant encore un peu, si peu…
Quel pied, si j'ose dire, quand tu m'as donné l'ordre d'enlever tes chaussures, que j'embrassais ton pied gauche tandis que tu me piétinais le dos avec l'autre pied. Ta voix, grave et sévère, tellement convaincue ; mes tremblements, de peur ou d'impatience ; la lumière : le spot sur ma chatte explorée, exposée comme un morceau de viande ; l'impression de n'être plus et pourtant de vivre plus intensément que jamais. L'intellect ne fonctionnait plus. Il se contentait d'enregistrer les sensations et les émotions. Il se taisait. Tu as raison, c'est fou comme tu as raison. Il y a des moments magiques : ce sont ceux pendant lesquels le raisonnement se tait.
Tu t'es inquiété pour moi. Je devais être haletante, frissonnante, un vrai tableau clinique de l'angoisse. Il n'y avait pas d'angoisse. Seulement cette petite, toute petite part d'éducation qui résistait. Ce qui me mettait dans cet état, c'était surtout le désir, je suppose, parce que je ne m'étais même pas aperçue de ma réaction d'émotivité.
" Doucement! Doucement! Là… là!…" comme on calme une jument. Cela m'a calmée. Ton visage a changé. Je n'avais vu que le loup, j'ai vu l'agneau. (Nous parlerons du Petit Chaperon rouge plus tard!)

Comment te dire ensuite ce que tu m'as fait vivre? Possession, aveu, humiliation, plaisir. En me permettant l'adoration et la dévoration. Et puis des pauses de rire, complicité, tranquillité.

Sur toute la bouche, le nez, ma gueule de salope tout entière, reste l'odeur de ton cul, de ta queue. Sur ma langue, le goût de tes larmes de foutre, sur mes joues, les ersatz de ta mouille. Sur mon nez, ton cul tout entier.
Que c'était bon de te lécher, triturer, tripoter partout quand tu disais " putain! elle est bonne la salope, elle gémit en plus, elle en redemande, c'est vraiment une grosse salope en manque…" (Exactitude de la citation à vérifier au plumitif.)
Que c'était bon quand ta bite se dressait parce que tu me traitais de poufiasse.
Que c'était bon quand tu ne disais plus rien mais te contentais de gémir " putain ! putain ! Que c'est bon ! " de temps à autre.
Que c'était bon quand tu me faisais mal, que ton visage était devenu féroce et que je bramais de douleur et d'excitation.
Que c'était bon de t'entendre articuler les mots les plus orduriers en m'ordonnant de les répéter après toi.
Que c'était bon quand tu me tenais le bras très fort et que j'étais obligée de céder, oui, céder.
Ce que j'ai adoré ton vice! Je sens encore la peau de ta bite sur mes paupières, ton odeur de mâle dans mes narines. C'était bon, que c'était bon !
Merci, mon grand méchant loup, merci!

J'ai aimé l'état dans lequel tu t'es mis avec moi, j'ai aimé tes soupirs, tes gémissements, tes injonctions salaces. J'ai aimé l'état dans lequel tu m'as mise, la personne que je suis devenue, le liberté ressentie. J'ai aimé être ta chose, l'actrice de ton scénario qui correspond si bien au mien.
Je suis venue me jeter dans ta gueule de loup. Mes tripes se sont tordues au parking, dans la chambre. Mais avec la certitude de ne pas être en danger. Fantastique de voir ton visage s'assombrir en une seconde. Dès que tu devenais loup, je me sentais chienne, soumise, servile.

Pleine, comblée. Désirante encore, en attente de tes messages, impatiente de savoir si tu auras envie d'inventer des jeux pour nous à distance. Inquiète de savoir si tu auras le désir de prolonger ce moment magique, en attendant le jour où nous recommencerons. Dis-moi vite que tu as toujours envie de recommencer !

L'agneau.

Notre nuit l'a " guéri " de ses fantasmes, ce grand méchant loup ! Enfin, c'est ce qu'il dit. L'histoire s'est achevée. Dommage, c'était une bien belle histoire...

Un jour, mon Prince viendra.

novembre 2004

 

 

 

 

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