Masomania
Des chuchotements. Quelques cris. Paroles en liberté d'un plaisir libertin
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Philosophie… dans le boudoir ! Le jeu du martinet C’est un jeu. On ne le répétera jamais assez. Il vient me « dominer » ou me « punir ». Sa cravache s’abat sur ma croupe offerte, sur mes cuisses écartées, sur mon pubis. Ses lanières font rougir mon dos, s’attaquent à mes seins sans en négliger la pointe, viennent visiter ma chatte ouverte. Il fouette et je compte, je crie, je pleure, je répète « merci ! », « encore » ou même « plus fort ! ». La « raison » de ce châtiment ? La première qui vient à l’esprit, c’est que j’ai « désobéi » : je me suis caressée en période d’abstinence, je n’ai pas mis les poids aux lèvres pour aller faire mes courses… Prétextes ludiques. Pourtant, je demande pardon. Pas de ces infractions vénielles, non. Je demande l’absolution à l’avance pour le plaisir éprouvé plus tard. Chaque coup, chaque humiliation, devient un laisser-passer pour la jouissance. La pénitence, je ne la subis pas, je la réclame. Elle ne sanctionne pas mes actes, mais mon être. Je suis être de plaisir, je gémis de désir, je crie mes orgasmes. « Et tu n’as pas honte ? » Si, j’ai honte. La honte elle-même devient volupté, tout comme les sévices de mon Dom. C’est lui qui bande en me frappant, c’est son excitation qui autorise la mienne. Il me fait dire que je suis une catin, une femelle, une salope, en comptant les coups. Il me permet d’être moi, la femme qui mouille et qui jouit. Et, ma foi ! je n’ai pas été élevée comme ça ! Cela ne correspond pas à notre définition culturelle de la femme. Ce n’est même pas bien du tout, une femme qui ne pense qu’à « ça » ! Il y a eu — et il y a — beaucoup de femmes qui l’ont appris à leurs dépens : on a brûlé les sorcières, on lynche encore les femmes infidèles. C’est un jeu qui me libère, moi, de tout ce carcan de définitions, de ce premier racisme qu’est le sexisme. Ce jeu retourne la situation : l’expiation devient excitante et autorise la satisfaction du désir. Cf. Deleuze : L’humour masochiste est le suivant : la même loi qui m’interdit de réaliser un désir sous peine d’une punition conséquente est maintenant une loi qui met la punition d’abord, et m’ordonne en conséquence de satisfaire le désir. Merci à mon « Maître » de son talent à me maintenir vivante, c’est-à-dire être de désir.
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