Masomania

Des chuchotements. Quelques cris. Paroles en liberté d'un plaisir libertin

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Prémices

Merci d’être venu chez moi cet après-midi. Merci d’aimer notre amie comme elle est. Merci pour toute la soirée. Merci pour votre timidité, votre intelligence, votre compréhension, votre domination et votre complicité.
C’est une soirée dont je me souviendrai.
Merci.
C.

Je te renvoie, évidemment, tous ces remerciements.
Je vous aime notre amie et toi !
Baci
L'Enchanteur.

Je fais un copier/coller de notre amie : je suis vraiment heureuse de vous avoir rencontré.
Mille baisers.
C.

Rire ! Le même copier/coller recyclé !
Je t’embrasse aussi et je téléphone demain !
L’Enchanteur.

Chère C.
Juste un mot pour te dire que je n’oubliais pas !
Cette nuit j’ai pensé à toi : je te donnais le choix entre frapper sévèrement tes cuisses, tes seins ou tes joues — et tu me répondais : "s’il vous plaît, ne m’obligez pas à choisir : je voudrais que vous frappiez également toutes les parties de mon corps". Ainsi fut fait… sourire
Je t’embrasse fort
L’Enchanteur.

Et c’était bon !!!
Comme vous me sentez bien, vous êtes monté des cuisses aux seins et des seins au visage… J’ai eu mon beau sanglot de libération. Et je vous ai remercié à genoux, comme il se doit, longuement, mes larmes inondant vos joyaux, ma langue engluant votre sexe…
Je vous lèche et baise où il vous plaira.
C.

Je constate que nous sommes sur la même longueur d’ondes…
Ce dont je n’ai jamais douté !
Bonnes vacances
L’Enchanteur..

Non, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes.
Ou alors nous sommes l’onde elle-même.
Je suis loin d’être en vacances puisque je n’ai jamais eu autant de travail depuis trois mois.
Mariage samedi. C’est toujours émouvant quand on a connu la mariée à l’âge de 8 ans. Quand on aime son père depuis plus de vingt ans sans que le sexe ne soit jamais venu ensoleiller notre vie. Maintenant, ce n’est plus une douleur.
Amour. Sexe. Sexe sans amour : quasi impossible, vous avez raison. Amour sans sexe : au moins, ça dure…
Vague sentiment de ratage. Où ai-je manqué le coche ? Sexuellement et surtout intellectuellement ?
“Dites ces mots “ma vie” et retenez vos larmes”
Il y a des amours heureux, si, si. Je le veux : j’y crois encore. Il suffit de reconnaître le bonheur à chacune de ses apparitions et de le remercier d’être passé par là. Il reviendra. Il était là, l’autre soir, fugace, discret, tellement doux que nous avons failli ne pas le remarquer.
Ai-je rêvé ?
Bonne nuit.
C.

De qui est cette belle citation ? "Dites ces mots : ma vie et retenez vos larmes" ? — mais on peut aussi retenir un sourire, un cri de joie, ou comme moi (64 ans depuis hier) un vague sentiment de bien-être et de sérénité… As-tu été très amoureuse du Père de la mariée ? Pourquuoi rien ne s’est-il passé ? Peut-on vraiment répondre à ces questions : pourquoi les choses arrivent, se produisent ou ne se font pas ? Che sara, sara… What ever will be will be… Oui, il y a des moments heureux, privilégiés, comme celui que nous avons vécu — et que j’ai bien l’intention de revivre, en sachant aussi que leur rareté en feront le prix… Tu n’as pas rêvé… Je t’embrasse fort et t’interdis d’être trop nostalgique, sous peine d’une bonne raclée ! Sourire. Noie-toi dans le travail !
Baci
L’Enchanteur.

Bon anniversaire !
Je voulais vous le souhaiter hier, mais comme je n’avais pas de nouvelles, je me disais que peut-être ma présence, sans vous indisposer, ne vous était pas agréable…
Le père de la mariée : j’ai vécu avec lui 7 ans. La sexualité n’était pas à notre rendez-vous. Je suis “allée aux putes” avec lui, j’aurais fait n’importe quoi… J’ai fait (presque) n’importe quoi. Mais non. Il dit lui-même qu’il est frigide. Il fonctionne normalement d’un point de vue physiologique (érection, éjaculation) mais de plaisir, point. Toute la douleur du désir amoureux est passée. (Nous nous sommes “quittés” il y a pesque 15 ans !) Reste la profonde amitié. Un truc qui ressemble quand même furieusement à de l’amour. Nous vieillirons ensemble, libres…
La citation : Aragon. Mis en musique par Brassens, d’ailleurs. Je le connais par cœur depuis l’âge de 14 ans, et, sauf accident cérébral, pour toujours :

titre : Il n’y a pas d’amour heureux.

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n’y a pas d’amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n’y a pas d’amour heureux

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
Il n’y a pas d’amour heureux

La nostalgie, un petit fond de tristesse, un certain vague à l’âme font partie de ma façon de vivre. Il m’arrive aussi d’être cent fois plus joyeuse que les autres, de pleurer de bonheur, de remercier un Dieu auquel je ne crois pas.
En tout cas merci pour votre mail. Sans copié/collé, je garde un très beau souvenir de notre rencontre. J’aimerais que la vie nous en accorde d’autres. Si vous le souhaitez aussi.
Je vous embrasse de tout mon coeur.
C.

Bien sûr que ta présence m’est agréable ! Bien sûr, je connais la chanson de Brassens – mais pas entièrement. Merci de m’avoir donné l’occasion de la relire… Curieux phénomène que l’érection et l’éjaculation sans plaisir ! ? Oui, nostalgie, tristesse et vague à l’âme composent une certaine musique. Moi, j’ai choisi de l’appeler sérénité… Bien sûr, nous aurons d’autres moments, de plaisir et d’harmonie…
Baci
L’Enchanteur.

Comment va l’intellectuelle gasconne ? (Je m’interroge sur le second qualificatif). Ici, je suis d’une "sagesse" (?) exemplaire, qu’encourage la canicule.
Je t’embrasse fort
L’Enchanteur.

Gasconne, oui…
Mais pas pour les promesses !
C’est pour cela que je n’en fais que très rarement : je les tiens toujours (ou alors, je me sens très mal).
Connaissez-vous ce poème de Louise Labé qui commence ainsi :

“ Je vis, je meurs : je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure ;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grand tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.”

Je trouve que c’est la plus belle évocation du plaisir (masochiste, bien sûr) et de ses tourments.
Actuellement, je ne suis pas d’une sagesse exemplaire. C’est seulement le désert sexuel.
J’aimerais au moins savoir qu’un homme se caresse de temps en temps en pensant à moi. Il est vrai que je passe très peu de temps sur sensasionsm et que je ne cherche pas vraiment. Mon Dom est en vacances, notre amie aussi, vous aussi. L’automne sera-t-il chaud, avec mes 4 anneaux aux lèvres ? (Les deux derniers, posés le 26 juin, sont enfin acclimatés.) C’est l’été. Beaucoup de travail et d’occupations de toutes sortes qui me “divertissent”.
J’espère que votre “sagesse” ne vous pèse pas trop.
Merci de votre mail : je pense à vous souvent. Peut-être un peu trop.
Je vous embrasse (en pensant au stick dont vous usez si bien !)
C.

La Gascogne me fait plutôt penser à Cyrano et au panache… Merci de ce beau poème de Louise Labé, qui prouve, en effet, que le masochisme n’a pas attendu Sacher pour s’épanouir ! Je pense à toi, moi aussi, assez souvent — et à tes quatre anneaux… Moi aussi, je me "divertis"… Et ma région y est propice. Je regarde les cyprès vivre et prospérer. Dans un monastère, un très vieux cyprès a presque la hauteur de la tour de l’église. La rattrapera-t-il (assez tôt pour que je le constate) ? Voilà un pari intéressant… La canicule sévit, mais je l’aime bien… Je constate qu’elle fait plus souffrir les autres que moi-même…
Baci
L’Enchanteur.
J’aime les mots qui finissent en cule : pédicule, clavicule, crépuscule, testicule, etc. "Souvent au crépuscule
En attrapant tes clavicules
Armé d’un très gros pédicule
Je te prends et je t’encule
D’un savant coup de testicules"…
Bout rimé dédié à C.
Sourire

Vous dites :
“C., tu sais que tu dois être punie ?” oui, Maître, je le sais Je te donne le choix : soit 20 coups bien appliqués sur les fesses, ce qui te fait peur, soit 10 sur tes cuisses et 20 sur tes seins… Comment choisir, Maître ? Faites ce qu’il vous plaira de mon corps, sans oublier de bien sentir ma mouille dégouliner… Et après la punition, nous serons récompensés tout deux :
Je vous boirai, ou vous me ramonerez le cul ou la chatte.
Mais vous jouirez, mon Seigneur !
C.

Ce que j’apprécie en toi, c’est que je sais que je pourrai te faire tout ce qui me passera par la tête — et que tu y prendras du plaisir ! Et cela se fera !
L’Enchanteur.

Bon, puisque vous ne rêvez pas avec mes délires et ne semblez pas mûr pour l’amour (ni pour la masturbation) à distance, un beau texte — un de mes préférés — d’Apollinaire.

CORS DE CHASSE
Notre histoire est noble et tragique
Comme le masque d’un tyran
Nul drame hasardeux ou magique
Aucun détail indifférent
Ne rend notre amour pathétique
Et Thomas de Quincey buvant
L'opium poison doux et chaste
À sa pauvre Anne allait rêvant
Passons passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent

Bonne nostalgie douce. (Mais je me souviens que vous appelez ça “sérénité”.)
Pensez un peu à moi, si vous pouvez. Imaginez mon désert.
Si cela ne vous émeut pas…
Tant pis !
Bises.
C.

Tes poèmes, comme tes délires et ton désert, m’émeuvent — et me donnent bigrement envie de toi !
Baci.
L’Enchanteur.

juin-juillet 2007

 

 

 

 

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