C’est un Maître avec qui j’ai commencé à dialoguer en juillet dernier. Dans son annonce, il se disait même « maître expérimenté », ce qui d’habitude me fait fuir ! Heureusement, je ne l’avais pas lu quand notre amie commune l’avait amené chez moi quelques semaines plus tôt. Les « maîtres expérimentés » me font fuir. Ils répètent bêtement les formules d’Histoire d’O, sans faire le moindre effort pour sortir des stéréotypes. Du moins, c’est l’expérience ( !) que j’en avais.
L’élégance de son élocution, la profondeur de sa culture, sa sensibilité à fleur de peau m’avaient séduite… Un dialogue s’est instauré. Il était à l’étranger et moi en province. La deuxième semaine, nous en étions déjà à nous citer mutuellement Aragon et Rostand. Nous échangions des fantasmes. Je mettais des poids aux anneaux de mes lèvres et je lui racontais mes balades dans les rues de la petite ville où j’habitais. Il appréciait cette anti-exhibition, ce secret que nous partagions. J’ai mis des pinces à mes seins, j’ai écrit l’initiale de son prénom sur mon pubis. Je me suis aussi fouettée, fessée, torturée. Je lui envoyais des photos de mes cuisses ou de mon cul rougis.
Un jour, il a voulu que notre bonheur millésimé « été 2007 » soit connu de notre amie. J’y ai vu une trahison. Pourquoi ne pas rester cachés aux autres, à tous les autres ? Je ne voulais pas en parler à mon MagiDom, même si je savais qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur. Peur de le blesser quand même. Désir aussi de protéger notre clandestinité.
…Quand il est revenu à Paris, tandis que je « rayonnais » quatre fois par semaine, nous avons repris notre longue conversation, mêlant politique, érotisme et littérature. Nous y avons ajouté de la familiarité, de la tendresse. Il m’a fouettée en déclamant les vers de Musset, je lui ai coupé les ongles des pieds et des mains. Récemment, nous avons même pleuré ensemble à la lecture de Bozz endormi…
Presque un an plus tard, je me plie donc à son désir de rendre publique cette intimité singulière.
C’est un Maître avec qui j’ai dialogué l’été dernier. C’est un envoûteur, un charmeur, mais aussi un ami, un complice, un amant (au sens premier du terme) avec qui je dialoguerai l’été prochain. Merci, mon doux, mon tendre Maître !